Mon histoire (Lana)

Réalisé dans le cadre des ateliers de collecte et d'écriture mené dans une classe de 4ème du Collège Jean Jacques Soulier.

En mars 1987 ce qu'on appelle le parti Baas en Irak a décidé d'éradiquer «  le problème kurde ». Le problème kurde car une partie de la population kurde se trouve en Irak, en Syrie, en Turquie et et Iran. Cette minorité est alors rejetée par les gouvernements qui les empêchent de parler leur langue, de pratiquer leur culture, de vivre. Les Kurdes, eux, sont un peuple qui vit principalement dans les zones rurales, dans les montagnes, ils sont pour la plupart éleveurs et vivent de leur cueillette. Ma mère était dans un petit village et a été scolarisée très tardivement. Il n'y avait qu'une seule classe et avec des élèves de tous âges confondus.

Malheureusement ils ont dû fuir leur pays à cause des opérations militaires menés par le parti Baas. Il y avait beaucoup de bombardements, la mise en place de camps de concentration et aussi l'utilisation massive d'armes chimiques.

Ainsi, ma mère et ma famille ont dû s'enfuir suite à ce qu'on appelle l'Anfal finale. Ils ont alors marché dans la peur en s'entraidant, en portant les enfants en bas-âge, en gérant les troupeaux de chèvres et de moutons. Ils n'avaient pas d'endroit sûr où dormir, ils n'étaient pas bien sûrs d'être bien accueillis dans le pays où ils se rendaient, la Turquie.

Ils sont arrivés à Mardine le 26 août 1988. Ils ont été accueillis dans des camps de réfugiés. Ils étaient 16000 sous des tentes, entourés par des barbelés électriques.

Bien heureusement, l'association France Liberté via l'intermédiaire de Danièle Mitterrand se rend dans ces camps de réfugiés. Une demande portée par Mme Mitterrand est acceptée. Ma mère et 366 personnes pourront alors entrer en France. Ils sont arrivés à Bourg-Lastic le 1er août 1989 et sont partis à Mansat. Le problème était qu'il n'y avait pas de travail et ils sont donc arrivés à Montluçon en 1998.