L’observation et la joie

(texte écrit par un élève de 1ère dans le cadre d'ateliers d'écriture menés au Lycée Albert Einstein de novembre 2019 à février 2020)



Le plus important pour moi dans ma vie c'est l'argent. Toute ma vie j'ai rêvé d'avoir beaucoup d'argent. Je pourrais faire tout pour l'oseille, car si on a ça, on peut tout avoir.


L'un de mes pires souvenirs, c’est la fois où j'ai braqué un innocent.


On est sorti de la cité avec mon cousin et mes potes au total on était quatre. On est parti dans Paris. On a traîné. On n’avait pas de sous. Un de mes potes a eu l'idée de braquer. J'ai eu peur parce que je suis pas du genre à faire ça. Bref tout le monde s'est mis d'accord, sauf moi. Mais j'ai pas dit.

On a vu un homme dans une voiture on s'est approché de lui. On lui a dit de baisser la vitre. On lui a mis des droites et on s'est barré avec son porte-monnaie. On a pris le bus, le tram, le métro pour semer les flics. Le lendemain, on a acheté des survêt et des chaussures. Sauf que un des mecs a abusé avec la carte bancaire. Maintenant il est en prison. Il nous a pas balancé aux keufs.

Aujourd’hui, je regrette ce que j'ai fait à cet inconnu.

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Je vis à Montluçon parce que c'est une ville pas dangereuse. Mais je trouve que le temps est lent, ici, comparé à d’autres grandes villes. Il n'y a pas d'ambiance. À 21h tout est fermé.

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Ce qui m'a marqué pendant ces séances c'est l'observation et la joie.


Avec mon camarade Thomas on a interrogé une retraitée qui s'appelle Suzette. Une petite femme aux cheveux blancs. Elle avait l'air en bonne santé pour son âge. Elle nous a raconté l'histoire de Montluçon à l'ancienne - comment c'était avant, par rapport à aujourd'hui. Ça a beaucoup changé, je trouve.

Avant il y avait beaucoup d'usine. Maintenant, il y a plus de magasins.

L'histoire qui m'a le plus marqué dans cette rencontre c'est quand elle était plus jeune, avec sa famille. Ils hébergeaient des étrangers venu d'autres villes ou d'autres pays. Il y avait des Polonais, des gens d'un peu partout... Un jour il ont hébergé une famille avec un chien pendant une semaine. Et leur chien, il se sentait comme chez lui. Il n’aimait pas que des gens viennent chez eux.

Sa mère détestait que les gens dorment dehors car elle avait déjà vécu une guerre en 14-18, et ça l'avait traumatisé. C'est pour ça qu'ils hébergeaient des gens qui fuyaient la guerre dans leurs villes ou leur pays.

Après cette rencontre on a pris un selfie ensemble. Suzette est une femme très sympathique souriante et polie. C'est une belle rencontre.

Je crois que ce qui est vraiment important, c'est la rencontre de nouveaux gens et le changement de culture.

Alex Akomoina